Expertise nutritionnelle sur le produit sucrant « Délisucré » par Marie-Laure André

La consommation de fructose peut effectivement entrainer des troubles métaboliques (diminution de la sensibilité à l’insuline et résistance hépatique à l’insuline, hausse de l’uricémie et de la triglycéridémie…), mais ces troubles apparaissent quand cette consommation est excessive, et généralement associée à des apports énergétiques totaux excessifs par rapport aux besoins de l’organisme.

Le fructose et les sucres riches en fructose ont par ailleurs un index glycémique (IG) bas, ce qui est intéressant pour le maintien d’un poids de forme (1), l’équilibre glycémique et la prévention de l’apparition du diabète de type II (2), et pour la protection cardio-vasculaire (3). Ces effets positifs peuvent contrebalancer les effets négatifs d’une consommation légèrement excessive de fructose.

L'ANSES, dans son rapport (4) sur les recommandations de consommation de sucre, indique que "seule une augmentation très élevée de l'apport de fructose, de l'ordre de 80g/j, entraîne une diminution de la sensibilité hépatique à l'insuline. Cet effet est cependant modeste et ne s'accompagne pas d'une augmentation cliniquement significative de la glycémie à jeun ... "

L'ANSES précise également dans ce même rapport que "La consommation excessive de saccharose est également nocive pour la santé" et recommande "de limiter les apports de sucres totaux de la population en deçà de la valeur maximale de 100g par jour (pour le population adulte)".

Pour rappel : le saccharosephoto portrait taille réelle.jpg (sucre de table) contient 50 % de glucose et 50 % de fructose.
Le fructose ayant un pouvoir sucrant deux fois plus élevé que le saccharose (on utilise en principe deux fois moins de fructose que de saccharose pour obtenir la même saveur sucrée), son utilisation en tant que matière sucrante dans les produits courants (boissons, laitages nature…) n’apporte guère plus de fructose que le saccharose.

Il va de soi que TOUS les sucres, riches en fructose ou moins riches en fructose, doivent être consommés avec modération, et toujours dans le cadre d’une alimentation saine et équilibrée,
riche en végétaux.

D’autres produits sucrants,
largement commercialisés depuis de
nombreuses années dans la grande distribution
et les magasins spécialisés (Bio), ont également
une teneur en fructose élevée :

  • Le fructose cristallisé (100 %)
  • Le sirop d’agave (80 à 90 %)
  • Le sucre de coco, appelé aussi sucre de fleurs de coco (> 80 %*)

Le produit sucrant « Délisucré » se rapproche de ces différents sucres IG bas.

* Teneurs différentes selon les sources.

Conclusion :

Consommé sans excès, au sein d’une alimentation équilibrée, le produit Délisucré ne devrait pas poser de problème particulier pour la santé : son pouvoir sucrant élevé permet une utilisation réduite et donc un apport en fructose guère plus important que le saccharose.

Ce produit sucrant permet aux consommateurs de suivre une alimentation IG bas dont
les bénéfices sont démontrés scientifiquement depuis de nombreuses années.

Marie-Laure André
Diététicienne-nutritionniste diplômée
Titulaire d’un master 2 en sciences de aliments et nutrition humaine
Auteure de livres de nutrition
Consultante pour la presse écrite


1 SLABBER M : Effects of a low-insulin-reponse, energy-restricted diet on weight loss and plasma insulin concentrations in hyperinsulinemic obese females, Am J Clin Nutr 1994 Jul, 60, 1 : pages 48-53. 

2 SALMERON J : Dietary fiber, glycemic load and risk of non-insulin-dependant diabetes mellitus in women, J Am Med Assoc 1997, 277 : pages 472-7.

3 MIRRAHIMI A, DE SOUZA RJ, CHIAVAROLI L et al. : Associations of glycemic index and load with coronary heart disease events : a systematic review and méta-analysis of prospective cohorts, J Am Heart Assoc 2012 Oct, 1(5).

4 Rapport de l’ANSES de décembre 2016 sur les recommandations de consommation de sucres